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mercredi, 07 juin 2006

A.S était un AS

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Juillet 1976, on découvre qu'un gang a pénétré dans la salle des coffres de la Société Générale de Nice en passant par les égoûts et s'est emparé d'un butin estimé à 50 millions de francs, ou 5 milliards d' "ancien francs", soit un peu plus de 7,5 millions d’euros (26 millions d’euros en euros courants).

http://www.dailymotion.com/relevance/search/spaggiari/vid...

La police arrête un certain Albert Spaggiari, un photographe déjà en rupture avec l'ordre établi,nombreux séjours en maison de correction, puis régulièrement en prison(Journal d'une truffe A.S), qui s'avère être le cerveau du groupe d'une douzaine hommes. Spaggiari parvient à s'échapper du palais de justice et disparait en Amérique du Sud, puis revient plus tard en France pour mourir à Belluno en Italie d'un cancer de la gorge en 1989.

Le butin ne sera jamais retrouvé.

                                                                                
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Société Générale de Nice, 20 juillet 1976. L'annonce du casse du siècle est à la Une de tous les médias. Le fric-frac a été découvert la veille par Charles Battistelli, employé à la Société Générale, le premier à être entré dans la salle des coffres. Dans cette salle, un vrai capharnaüm : photos intimes affichées, sol jonché d'objets divers, de bijoux de pacotille, ceux qui n'ont pas intéressé les voleurs. Les casseurs ont signé leur coup d'un mot collé sur une armoire :

ni armes, ni violence et sans haine.

Les policiers refont à l'envers le parcours des voleurs. Ils passent par un tunnel de 8 mètres creusé dans la roche, puis les égouts de Nice, puis la rivière souterraine du Paillon. Tout au long, le sol est jonché de matériel. Peu d'indices, mais une seule certitude, la logistique est sans précédent. Le casse a été fait par une grosse équipe, des bandits expérimentés.

Une rafle est lancée dans le milieu marseillais. Certains voyous donnent un nom, celui d'Albert Spaggiari.
Spaggiari, le petit photographe niçois, commence par nier. Il veut négocier ses aveux, il a des amitiés haut placées, il ne parlera que devant un grand personnage du ministère de l'intérieur. Maître Jacques Peyrat son avocat, actuel maire de Nice, assiste aux aveux de Spaggiari devant Honoré Gévaudan, l'un des plus importants flics de France.

Des mois de préparation, des semaines de travaux en sous-sol ; dans les égouts, les casseurs ont fini par apprivoiser les rats.

Fanfaron, hâbleur, provocateur, Spaggiari devient pour l'opinion publique une sorte de mythe, mandrin qui vole les riches sans haine, ni violence et sans armes.

Et pourtant l'homme est plus complexe qu'il n'y paraît. Le casse, il le revendique au nom d'une organisation chargée d'aider les nationalistes du monde entier.
Ancien d'Indochine, il a été membre de l'OAS et a même voulu assassiner de Gaulle. Depuis il continue à militer dans les mouvements nationalistes.

Après son arrestation, Spaggiari ne reste pas longtemps en prison. Le 10 mars 1977, il s'évade par la fenêtre du bureau du juge d'instruction. Une évasion très facile, trop facile selon certains.
A-t-il bénéficié d'aide de ses amis politiques, notamment d'anciens OAS proches du maire de Nice Jacques Médecin ? La polémique lancée par la presse de gauche permet la mise en ballottage du maire lors des municipales de 1977. Le juge d'instruction Richard Bouazis et Maître Jacques Peyrat, se souviendront toujours de cette évasion et de ses conséquences.

Spaggiari en cavale devient le premier "bandit médiatique". Il donne régulièrement de ses nouvelles à la presse, écrit des livres.

Lassé de la cavale, ruiné, malade d'un cancer de la gorge, Spaggiari tente de négocier sa reddition. Mais il meurt en 1989, à 57 ans, en exil en Italie, après douze années passées à se grimer et à fuir. Sa compagne ramène elle-même le corps de Spaggiari en France. Il est enterré au cimetiére de Laragne Alpes de Hte Provence 04. Devant les caméras de télévision, il avait pourtant demandé à être incinéré...

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