Ou d’enfants d’immigrés, ou de petits-fils d’immigrés… Car la nouveauté avec l’immigration afro-maghrébine c’est qu’on est à perpétuité un immigré ou un « issu de l’immigration ». Etrange non ? Tout à l’heure je discutais avec un jeune identitaire qui m’a appris que sa mère ne votait pas en France, mais en Italie. Pourtant il ne viendrait à l’idée de personne de considérer ce jeune comme « fils d’immigré » ou « issu de l’immigration ». Mais n’allez surtout pas penser que l’intégration demande une proximité culturelle, spirituelle… ou ethnique ! Dans le pays des Droits de l’Homme indifférencié et indéfini - donc finalement de tous les hommes – vous pourriez bien vous retrouver traîner devant les tribunaux de l’inquisition républicaine. Et à défaut de vous exécuter (« Quand même, on est en démocratie monsieur ! ») on vous ruinera jusqu’à votre dernier centime.
Mais revenons en à nos moutons (bien que l’Aïd soit passé depuis quelques temps), je disais donc « Quelques millions d’immigrés et moi, et moi, et moi ». Non pas que je sois victime d’un accès d’égoïsme ou d’égotisme, en fait il s’agirait d’ailleurs finalement d’un « moi » collectif. Non, non ne m’envoyez pas en psychanalyse, vous allez comprendre. Ce « moi » c’est moi en effet mais c’est surtout le fameux Français moyen, le Français de souche, le Gaulois, le petit blanc. Ce « moi » en question, ces derniers temps, il a carrément disparu. Débat public, médias, syndicats, tout le monde se concentre sur le sort des immigrés, clandestins si possible. À tel point qu’on pourrait presque s’attendre à voir nos « jeunes » modèle survêt-casquette cramer quelques voitures (de « moi ») pour qu’on s’intéresse un peu à eux. Ce ne serait que peine perdue, la seule chose qui vaille le coup d’être brûlée c’est leur carte d’identité française. Ensuite il ne leur resterait plus qu’à aller s’installer un lit de camp dans le hall d’un resto chic ou d’un hôtel 4 étoiles en se déclarant réfugié du Darfour, ou d’Irak, ou toute autre destination exotique ayant un reportage par semaine dans « 66 minutes » ou « Sept à huit ». Et hop, le retour des caméras auxquelles il pourrait raconter tous leurs malheurs et tout ce que la vilaine France leur inflige comme souffrances.

Mais revenons-en à moi. Enfin plus exactement à vous et moi, à nous (Français moyens, Français de souche, France d’en bas, etc.). « Moi » c’est celui dont les médias ne parlent pas, ou de façon très anecdotique. « Moi » c’est le petit commerçant qui paie des milliers d’euros de T.V.A. à l’Etat alors qu’il n’arrive pas à se payer chaque mois. « Moi » c’est le couple de smicards (aujourd’hui qui gagne plus que le SMIC peut presque se considérer comme un privilégié, puis de toutes façons l’Etat vient se charger de rectifier la différence…) qui ne peut pas louer un 2 pièces dans une grande ville parce qu’il ne fournit pas les garanties financières suffisantes (c’est-à-dire trois fois le loyer en revenus mensuels, et en plus de ces garanties de quoi payer les frais d’agence et les trois mois de caution). « Moi » c’est le jeune couple qui voudrait plus que tout avoir des enfants mais ne peut se le permettre. Ou encore cette mère de famille qui va devoir trouver un travail alors qu’elle voulait assurer elle-même l’éducation de ses enfants puisque l’Etat, encore lui, a décidé de supprimer une partie des allocations familiales (au moment où tout le monde – de la LCR à l’UMP – nous explique qu’à cause de notre déficit démographique nous avons « besoin » des immigrés). « Moi » c’est ce travailleur qui a fui le centre ville et ses loyers délirants mais dépense désormais un quart de son salaire en essence pour pouvoir aller… travailler. « Moi » c’est encore cette mère de famille à qui l’on explique à grand renfort de spots télévisés que ces enfants doivent manger cinq fruits et légumes par jour mais qui rentre toujours des courses avec des paquets de pâtes en promotion. « Moi », c’est évidemment le prolo qui voit sa voiture (5 ans de crédit pour une occas’ pas géniale) réduite en cendres par les jeunes en mal de reconnaissance dont je vous parlais un peu plus haut. « Moi » c’est le petit peuple de ce pays. Et ce peuple c’est nous, pas Besancenot, pas Pecresse, pas les patrons esclavagistes et les syndicalistes complices. « We the people » comme on dit aux Etats-Unis.

Et bien « we » le peuple, nous constatons simplement et froidement que le divorce est désormais acquis. L’Etat a d’ailleurs déjà une nouvelle épouse. Je vous renvoie au début de l’article pour lui donner un prénom ou un visage…
L’Etat ne veut plus de nous, nous ne voulons plus de l’Etat. Nous ne voulons pas le changer, nous voulons simplement lui retirer le contrôle sur nos vies, à défaut de pouvoir le faire sur ce qui fut (mais cela remonte à quand ?) notre nation*.
Notre nation, celle de notre peuple**, est donc à (re)construire, à (re)bâtir. Selon nos règles. Non pas des règles que nous viendrions d’inventer en bons idéologues mais tout au contraire (car l’identité est bien le contraire de l’idéologie) selon nos lois immuables. Notre nation doit offrir à notre peuple des possibilités de réponse à l’éducation des enfants, à la vie chère, à la perte des valeurs élémentaires, à l’insécurité, au déracinement.
Le chantier est difficile ? Oui, plus que ça même. Car il est le chantier du réel, le chantier dont le principal matériau est humain. Avec des jeunes militants manquant parfois de repères et soumis – comme nous le sommes tous à des degrés divers – aux influences de notre époque ; avec des vieux militants marqués par leurs expériences politiques passées ; avec des responsables obligés de lutter contre le système tout en faisant vivre leur famille.
Mais nous avons un peuple dont nous voulons assurer la survie, une identité à reconquérir, et notre nation à (re)construire. Le chantier est ouvert, enfilez le bleu de travail et saisissez vous des outils.
Philippe VARDON
* Pour aller plus loin sur cette réflexion je vous renverrai, encore et toujours, à l’excellente étude de Jean de Viguerie « Les deux patries »
** « Tous les gens comme toi et moi forment à eux tous une nation »