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jeudi, 19 janvier 2006

"En vérité la soif de confort tue l'ardeur de l'âme et suit alors ses funérailles en ricanant."K.Gibran

Compte-rendue soulidarietà
soupe populaire du 18 janvier 2006 :

La troisième soupe de cette année 2006 fut encore une réussite, entre 20 et 25 sans-abris restaurés. 
Une réussite grâce à la participation active de nos soutiens toujours aussi mobilisés et généreux, à celle des militants toujours nombreux pour ce rendez-vous hebdomadaire et grâce surtout à la volonté et à la fidélité des sans-abris que nous apprenons à connaître et qui reviennent semaine après semaine. Grâce à leur détermination aussi, car il en faut pour venir chez nous malgré les pressions des associations et de ceux qui veulent nous voir disparaître, et malgré certains Sdfs instrumentalisés contre nous et les sans-abris que nous servons.

Ceux-là feraient bien de se calmer un peu et de venir se détendre avec nous autour d'un bol de soupe surtout qu'il paraît, dixit les sans-abris, qu'elle est bien meilleur chez nous et bien plus fraternelle et conviviale que chez les moralistes d'en face.
C'est ça la vertu, c'est ceux qui en ont le moins qui en parle le plus.
L'hypocrisie comme le fric sont à gauche.
La fraternité véritable, le patriotisme, l'amitié et le socialisme sont chez nous et pas en face.
A la semaine prochaine.
"Lu nouostre davant lu autre"

contact@soulidarieta.org

jeudi, 12 janvier 2006

« Il n’y a point d’être, l’effet est le devenir ; "l’acteur" n’a été qu’ajouté à l’acte - l’acte est tout. » F.Nietzsche

mercredi 12 janvier 2006


La seconde soupe de cette année 2006 aura été celle de la constance.
Constance de l'engagement chez nos militants et chez nos soutiens toujours aussi nombreux et aussi volontaires semaine après semaine ; constance chez nos adversaires, qui auront été presque absent cette semaine ; et constance enfin chez les sans-abris qui reviennent maintenant une semaine sur l'autre. Soulidarietà a servi hier soir une vingtaine de personnes, et la soupe a bien faillit ne pas suffire pour la soirée ! Cela malgré l'absence de certains sdf qui dorment près de l'église et que la police avait du chasser peu avant.
Deux choses a retenir de la distribution d'hier : le soutien verbal affirmé de certains sans-abris qui tiennent à nous féliciter sans détour et la venue chaque semaine de personnes qui n'osaient pas venir auparavant.

Ce qui réchauffent nos coeurs, c'est de voir que l'on peut discuter et échanger réellement avec certains et qu'ils apprécient et félicitent notre engagement pour ce qu'il est : la défense et l'aide à nos pauvres avant tout .
L'entraide communautaire est dans la rue, en plein hiver et en plein froid, une nécéssité vitale. C'est en fait une chose qui va de soi et qui ne peut choquer que les bourgeois qui ne mettent jamais le nez dehors et n'aident jamais personne même s'ils prétendent aimer tout le monde.
Il suffit de parcourir les rues de Nice à pied le soir pour voir la misère faire surface et comprendre que le monde de la rue est un monde violent et qu'il le sera toujours plus à mesure qu'avance la barbarie libérale et que nous nous enfonçerons dans le tiers-monde.
Il faut voir les familles de pauvres se serrer les unes contre les autres en pleine avenue Jean-Médecin ou sous les arcades de la si chic place Masséna. Avec les travaux du tram, on croirait une ville en guerre. La journée, le délire consumériste, l'indécence libérale et la nuit : l'horreur de la pauvreté.
Et au milieu, ruines parmis les ruines, des blancs qui trainent et qui meurent sans rien dire.
On nous tue et on ne dit rien.
Qu'il y ait des gens pour oser dire que ce que nous faisons est discriminant ou raciste alors que clairement ce qui vient c'est la barbarie pure et la guerre de tous contre tous, c'est plus que du mensonge, plus que du déni de réalité, c'est de la haine.
C'est cette maudite volonté de mort de la bourgeoisie que l'on veut faire passer au peuple.

Je traverse ma ville pour venir jusqu'à la soupe et le soir je refais le chemin en sens inverse. Je marche le long des vitrines au milieu des pauvres et des étrangers et je me demande où est passé mon peuple. Je cherche autour de moi et c'est par terre que je trouve ce qu'il en reste, couché au milieu des poubelles. C'est là que vit mon peuple, et c'est là où je vais, c'est là où nous allons tous. C'est la France d'aujourd'hui.
Alors, on sert les rangs autour du maigre foyer qui nous reste, "c'est comme la soupe de maman" m'a dit hier soir un sdf et sa voix était comme un feu au milieu d'un océan de misère.
Semaine après semaine se groupent autour de nous des sdf qui ont les yeux de nos pères, de nos grands-pères et de nos frères pour les plus jeunes d'entre eux. Tous viennent trouver chez nous ce qu'ils nont plus ailleurs : la fraternité. La vraie, celle que seuls des patriotes peuvent amener, parce-que seuls des patriotes savent le scandale que peut être la désertion face à l'entraide obligatoire envers les membres les plus démunis de notre famille qu'est la patrie.
La France, notre patrie, la terre de nos pères ne se sauvera que par ses hommes qui sont sa substance vitale. Et nous qui sommes les pauvres de demain nous aidons les pauvres d'aujourd'hui.
Que celui qui veut nous faire la morale vienne regarder la réalité en face et qu'il vienne nous dire ce qu'il a à nous dire en nous regardant dans les yeux, sinon qu'il reste au chaud chez lui avec sa moraline et son nihilisme et qu'il se suicide en silence.
Certains vont en Afrique ou ailleurs chercher le tiers-monde, grand bien leur en face. Il est là le tiers-monde, dans nos villes, à nos portes et bientôt dans nos familles alors que ceux qui veulent voir voyent et que ce qui veulent agir agissent.

A mercredi prochain, 18 h 30

mercredi, 04 janvier 2006

Toujours là!

mercredi 4 janvier 2006

"Que la vie serait belle si tout le monde doutait de tout, si personne n’était sûr de rien. On pourrait supprimer du dictionnaire les trois quarts des mots en « iste », fasciste et communiste, monarchiste et gauchiste, khomeyniste et papiste".

P.Desprosges
Pour ce début d'année, nombreux étaient nos soutiens, chez les jeunes et les moins jeunes, à être venu nous aider. Mais surtout, nombreux étaient les sans-abris à être venu manger un bol de soupe, cela malgré les pressions et le cirque des semaines passées. Car c'est bien au moins une vingtaine de soupe que nous avons pu servir hier au soir, réchauffant en ce froid début de janvier les ventres des nécessiteux et les coeurs des militants, heureux de pouvoir enfin effectuer leur travail sans censure ni agitation.
Un bon repas, beaucoup de chaleur humaine, peu de provocateurs et des dialogues qui reprennent d'une semaine sur l'autre entre sans-abris et militants. Des liens qui se nouent.
Autour de peu de choses, avec les efforts et la volonté de chacun nous touchons enfin au début de notre travail véritable : servir et secourir les plus nécessiteux de nos compatriotes et de nos frères européens.
Notre volontariat social prend forme, le socialisme identitaire s'ancre à Nice chaque mercredi soir au port, et notre effort sera de faire qu'il s'enracine toujours plus dans notre ville à mesure que progressera notre travail hebdomadaire.
Nous avons pu constater hier soir la démobilisation de nos censeurs, pour le bonheur des ventres et des coeurs des sans-abris. A nous de rester mobilisé pour faire fructifier le peu que nous avons pour le bien de notre communauté. Les chiens de garde du système et les ligueurs de vertu ont hurlé, ils ont rameuté jusqu'aux médias de Paris, mais nous sommes toujours là et nous comptons bien lutter pour y rester.
Hier au soir nos adversaires avaient prévu un " pot de l'amitié "ou de la solidarité qui finalement n'a pas eu lieu. Qu'ils ne se trompent pas, le repas de l'amitié a bien eu lieu, juste sur le trottoir d'en face !

Merci à tous, meilleurs voeux et à mercredi.

"lu nouostre davant lu autre"

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