Portrait d’un identitaire social

Propos recueillis par Jeanne Lamotte

Depuis le 7 décembre, l’association Soulidarietà distribue une soupe au cochon aux démunis du quartier du Port Lympia, à Nice. Cette jeune association a pour ambition de développer des initiatives d’entraide et de solidarité en direction des Niçois et des Niçoises en difficulté. Novopress vous propose en exclusivité le portrait de son président, Dominique Lescure. Un militant au profil typiquement identitaire, c’est-à-dire totalement inattendu…


Dominique, comment en êtes-vous arrivé à créer Soulidarietà ?
C’est à l’hiver 2003-2004 que j’ai entendu parler pour la première fois de la soupe au cochon, distribuée à Paris par l’association SDF. C’était à l’époque gare de l’Est et j’avais trouvé l’initiative culottée et généreuse. Désireux de m’investir au service des miens, j’ai donc pris contact avec Les Identitaires, mouvement à l’origine de la naissance de Solidarité des Français, afin de mieux comprendre leur philosophie et de juger s’ils étaient dignes de confiance. Une fois rassuré, je me suis rendu l’hiver dernier gare Montparnasse pour étudier l’organisation mise en place par Odile et Roger Bonnivard et leurs amis.
En voyant à quel point la logistique était légère et, surtout, combien l’opération portait ses fruits, je me suis dit que je pouvais en faire de même à Nice. Il suffisait d’y croire et de s’y mettre en retroussant ses manches.
Parti tout d’abord avec l’idée de créer une branche de SDF à Nice, en y réfléchissant j’ai compris qu’il valait mieux monter une association spécifique au pays niçois. Tout d’abord pour respecter la forte identité locale et ensuite pour adapter à terme nos activités à la réalité de la misère niçoise.

Vous voulez dire qu’il y aurait à Nice une misère différente de celle qui sévit en région parisienne ?
Oui, et c’est pour ça que l’appellation Soulidarietà - “ Solidarité ” en français - s’est imposée d’emblée. Ici, en terre de soleil, de vacances et de fric étalé au grand jour, la misère est plus difficile à vivre que dans la métropole parisienne. Ici, au milieu des casinos, des Rolls et des boutiques de luxe, ici où le showbiz vient régulièrement se pavaner - de GP de Formule 1 en festival de Cannes -, la misère s’accompagne plus qu’ailleurs du sentiment insupportable d’appartenir aux “ damnés de la terre ”.
“ French Riviera ” oblige, les paliers sociaux sont ici plus marqués qu’ailleurs. La richesse cosmopolite - jadis britannique, puis américaine, aujourd’hui arabe et russe - n’a que faire des Niçois en détresse. Et les retraités parisiens venant finir leurs jours “ sur la Côte ” n’ont pour la plupart, quand ils ne sont pas eux-mêmes isolés et désargentés - il y en a plus qu’on ne le croit ! -, que peu d’attaches avec les Niçois qui souffrent.
La superficialité de la société dite azuréenne a malheureusement étouffé, ou réduit à bien peu de chose, l’antique sens de la solidarité qui habitait notre peuple méditerranéen.

Pouvez-vous nous présenter l’équipe qui anime Soulidarietà ?
Autour de moi, qui suis issu d’une famille de fonctionnaires , cadres CGT, cohabitent un pied-noir patriote, une étudiante en droit niçoise sensible à la décadence de la terre où elle a grandi et un jeune catholique, soucieux de mettre en accord ses actes avec sa Foi. Bref une équipe atypique, improbable même, mais qui partage une même colère face à une situation sans cesse plus révoltante et une même envie d’engagement.

Vous êtes issu d’une famille de syndicalistes communistes : pouvez-vous nous dire un mot de votre parcours personnel ?
En fait, je dois avouer que je suis très vite sorti du cocon coco-cégétiste. Pas forcément de la meilleure façon d’ailleurs ! Je me suis en effet fourvoyé dans la délinquance, ce qui m’a valu de m’acquitter de ma dette envers la société en goûtant au charme peu enviable des prisons françaises. J’ai ensuite choisi la voie “ capitaliste ” en devenant commercial et en gagnant excessivement bien ma vie. Puis je me suis exilé en Roumanie faisant aussi quelques incursions dans les ex-pays limitrophes, Moldavie, Ukraine pour voir de mes propres yeux ce qu’il restait du système communiste dont on m’avait tant vanté les mérites dans ma jeunesse. J’y ai assisté à l’arrivée en force de l’ultra libéralisme et des injustices qui l’accompagnent. Je suis alors rentré en France où l’islamisation galopante a fini de me donner la nausée. C’est à ce moment là que je me suis mis à avoir envie de faire quelque chose pour la France, pour ma patrie.
Je n’avais pas, à l’origine, la fibre sociale. Ce qui me préoccupait c’était de savoir comment agir efficacement. Révolté à l’idée que le fruit du travail de mes aïeux profitaient, par la faute de nos gouvernants, à d’autres qu’à mes compatriotes de « souche », j’ai bien vu que la question de la fraternité, de la solidarité était centrale.
En m’intéressant à SDF, j’ai retrouvé chez les militants identitaires une camaraderie, un enthousiasme, une bienveillance que j’avais eu l’impression de côtoyer à la fête de l’Huma voici plus de 30 ans. C’est cette chaleur humaine qui m’a décidé à m’impliquer dans le combat social.
J’ai d’ailleurs été très déçu, cette année, en me rendant pour la première fois aux BBR (la fête de l’Huma des lepénistes NDLR), par l’accueil distant réservé par les dirigeants FN à l’équipe de SDF. En voyant les militants de SDF tenus à l’écart, méprisés par les caciques du parti, j’ai ressenti encore plus toute la qualité de leur engagement, entièrement dévoué à la cause de nos compatriotes en détresse.

Que s’est-il passé lors de la première soupe ?
Cette première soupe a été dure. Voir la mairie, les organisations caritatives locales et une poignée de gauchistes côte à côte pour nous empêcher de servir notre soupe avait quelque chose de profondément insupportable, parce que totalement incompréhensible. Voir des adversaires haineux ,sectaires et menteurs plutôt que des personnes ouvertes au dialogue m’a beaucoup déçu de la part de gens qui font profession “ d’humanisme ”.
Quant à l’adjoint au maire, co-instigateur de ce quart d’heure de la haine, il est venu me houspiller avant d’accepter de me rencontrer, mais pas avant janvier ! Faudrait savoir si la situation est urgente ou non ! Mais peut-être ce monsieur est-il trop pris pendant les fêtes, à manger du foie gras et du caviar ou à partir se bronzer aux Caraïbes pendant que les SDF niçois meurent de froid ???

Un mot de votre devise : “ Lu nouostre davant lu autre ”…
C’est tout simplement la traduction en nissart de la devise de SDF : “ Les nôtres avant les autres ”. Cette expression a déclenché la colère des caritatifs qui refusent de faire de distinction entre qui que ce soit. Pourtant, “ Lu nouostre ”, ils les connaissent bien…. Ce sont eux qui ne les agressent pas, qui ne les volent pas, qui ne leur hurlent pas à la figure pour réclamer davantage, ceux qui attendent patiemment leur tour, ceux qui laissent passer les femmes et leurs aînés âgés et usés avant eux…

On vous accuse de faire de la provocation en vous installant devant l’église du port Lympia où est déjà servie une autre soupe, diocésaine celle-là…
Quelle blague ! Lorsque je me suis présenté à l’organisme qui coordonne les actions humanitaires sur Nice, le SAMU social m’a présenté un calendrier indiquant les créneaux non affectés. Je vous certifie que, courant octobre, aucune soupe n’était prévue le mercredi soir à cet endroit, c’est d’ailleurs pourquoi nous avons opté pour cet emplacement et cet horaire. M. Dubouloz,, qui dirige cet organisme baptisé Intersecours Nice, est en réalité l’autre co-instigateur de la mobilisation anti-Soulidarietà. Sous ses airs chafouins, il suinte la haine de tout ce qui est identitaire et solidaire. Quelques jours avant la première soupe, il m’avait fixé rendez-vous pour m’avertir qu’il risquait d’y avoir des troubles en raison de notre soupe… Bon, mais je perds mon temps à parler de cet individu !
À cause de lui, et de l’adjoint au maire, la première soupe m’a laissé un goût amer. Seuls deux SDF avaient pu en effet en profiter. Les autres n’avaient pas osé nous rejoindre, Dubouloz et ses comparses les ayant menacés de ne plus les prendre en considération s’ils traversaient la chaussée !!!
Heureusement, la mobilisation des JI Nissa et de nombreux sympathisants avait permis de tenir le terrain sans ciller face aux terroristes alimentaires.

Pourtant, en dépit de ce climat d’une hostilité surréaliste - mais on a vu depuis qu’il en allait de même à Paris… -, vous avez tenu à revenir la semaine suivante…
Bien sûr. Pas question de laisser la rue à ceux qui crient le plus fort ! Et je dois vous dire que nous avons été récompensé de notre détermination ce soir-là : une quinzaine de démunis sont venus partager notre bol de soupe, votant avec leurs pieds, au nez et à la barbe des imprécateurs anti-cochon.
Désormais, rien ne nous arrêtera. Lors de cette soupe, nos adversaires ont d’ailleurs peu à peu quitté les lieux, dépités à la vue des SDF qui nous rejoignaient par petits groupes.

Dominique, que répondez-vous à ceux - les représentants des organisations humanitaires institutionnelles - qui vous accusent d’encourager les mauvais penchants des SDF en leur offrant un verre de vin ?
C’est un faux procès qui me heurte d’autant plus profondément que j’ai eu malheureusement l’occasion de vivre un cas d’alcoolisme dans mon entourage proche. Comme vous le dites, c’est un verre, UN seul que nous servons. Un verre qui est celui de l’amitié, celui d’une tradition bien française, celui de trinquer ensemble, celui de partager le fruit de la vigne. Ce verre de vin, c’est le prétexte à engager la discussion, à faire connaissance, ce que les professionnels de l’humanitaire n’ont plus le temps de faire, submergés par la masse qui se presse à leurs distributions.

Vos moyens sont limités : vous ne pouvez servir guère plus d’une vingtaine de personnes et ce seulement un soir par semaine. Quel objectif vous êtes-vous fixé à travers cette soupe au cochon ?
Un objectif simple et réaliste : parvenir à sortir un démuni sur 10 de la rue au terme de cette campagne d’hiver. D’ores et déjà, nous avons trouvé un toit en dur à deux d’entre eux. Et ce n’est qu’un début.



Pour contacter ou soutenir Soulidarietà
BP 16
06610 La Gaude
06 98 69 77 98
www.soulidarieta.org

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