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jeudi, 24 avril 2008
Multiculturalisme = racisme
Desouche a lancé récemment un concours d'absurdité.
Une suggestion m'a particulièrement plu : "Le multiculturalisme, c'est le racisme sympa".
Quand des mecs comme Soral ou Zemmour parlent, ils sont directement qualifiés de racistes. Racisme vs multiculturalisme. Sauf que ce n'est pas ça. Le racisme des blancs à l'heure actuelle, c'est la relation des blancs aux divers©, symétrique de celle des divers© aux blancs (sale français, sale blanc, sale boloss... des propos non reconnus comme racistes par la justice...).
Multiculturalisme = racisme. Tout simplement, et définitivement. L'"anti-racisme" différentialiste, par son ode permanente à la différence, a rendu les divisions ethniques insurmontables.
Plus concrètement, moins formellement, le multiculturalisme se base explicitement sur un présupposé raciste : l'impossibilité pour les gens venant d'ailleurs de s'assimiler, "d'adopter les codes sociaux et culturels du pays d'accueil"; "c'est trop dur, trop violent pour eux, foutez-leur la paix!". Ensuite, il y a le présupposé ethnomasochiste qui rend ce racisme sympa : l'idée qu'ils ne doivent pas s'assimiler "parce que notre culture est haïssable".
C'est les deux piliers, les deux mamelles du multiculturalisme. L'un est raciste, l'autre est ethnomasochiste. Ca permet de "fédérer" un maximum de gens contre.
D'une part les assimilationnistes qui pestent contre la première partie. Ras le cul de nous dire que Mamadou et Boubacar sont incapables de s'assimiler. Avec des efforts, de la part des Français comme des immigrés, un minimum est possible. Parce qu'on refuse de forcer les gens à devenir multiculturels en leur for intérieur, on érige une société multiculturelle, invivable et intenable à long terme. La contradiction de cultures au sein d'un individu produit un conflit névrotique. Tant pis pour lui, mais tant mieux pour tous. La névrose est le moteur de la création, blabla. Mais la contradiction de cultures au sein d'une société produit la guerre civile, et pas d'oeuvres d'art.
Au final le multiculturalisme est un métissage sans métis. En déplaisent aux cons, Marjane Satrapi n'aurait pas produit Persepolis si un gauchiste bienveillant l'avait maintenue dans sa culture iranienne et seulement dans cette culture. Le discours gauchiste est contradictoire. Ce qu'ils approuvent politiquement détruit ce qu'ils adorent, culturellement et artistiquement. Leurs discours pro-métissage sont un écran de fumée qui couvre la consanguinité et la ségrégation.
Les multiculturalistes croient qu'accoler des communautés imperméables produit du métissage culturel et la création de nouvelles valeurs. C'est faux. Ca ne produit qu'une réaffirmation identitaire simplifiante et absurde et son équivalent biologique : une consanguinité délirante (30% de malformations chez les nouveau-nés pakistanais d'Angleterre, à cause des mariages consanguins). Ce que je vais dire est polémique mais... Si la fierté d'appartenir à une nation millénaire se réduit peu à peu en discours identitaire de foire sur l'ethnie et la terre, c'est à cause du multiculturalisme. Le multiculturalisme fabrique les discours identitaires. Le multiculturalisme est un racisme, et il est aussi la matrice de formation des discours de fierté. Un multiracisme sociétal qui pond des monoracismes politiques.
D'autre part... Les nationalistes, conservateurs, etc., détestent le multiculturalisme pour son présupposé ethnomasochiste. Cette haine de la France, cette volonté quasi explicite de la dissoudre sous un flux massif et constant d'immigrés qu'on "intègre à l'envers", c'est à dire qu'on enferme dans leur culture d'origine. Tout ça au nom d'une vision réductrice, masochiste et repentante de l'histoire, particulièrement celle du XXème siècle.
Le problème que vous pouvez déjà déduire, c'est que les deux critiques du multiculturalisme sont partiellement incompatibles. La première école veut assimiler les divers pour en faire des français comme les autres; l'autre école refuse tout simplement la présence des divers au nom de la supériorité du génie national. Les divers ne peuvent pas vivre en paix sans être assimilés selon les uns; ils ne peuvent pas être assimilés selon les autres.
En gros, sur ce point, le Système, avec ses idiots, ses complices, ses cyniques, chante à l'unission les louanges du multiculturalisme, quand la critique de cette idéologie est dissonante, cacophonique, empilant des positions inconciliables. Le front des mécontents est un ordre dispersé, l'armée impériale fauche ses rangs avec la grosse artillerie : flicage idéologique, invective, hargne, fatwas, excommunications...
Une exemple tout con. L'islamisation. Untel ne veut pas de l'Islam parce que la France est une Terre Chrétienne. L'autre ne veut pas de l'Islam car il est incompatible avec les valeurs séculières et fraternitaires de la République... les mêmes idées qui ont déchristianisé l'Europe comme aucune invasion mahométane ne pourra jamais le faire (Une menace terroriste soude les gens à ce dont on veut les priver. Le discours émoliant de la Tolérance relativiste et humanitaire étouffe la foi en silence). L'islamisation progresse parce que les deux camps qui y sont opposés, les anticléricaux laïcards et la droite nationale, sont deux ennemis historiques inconciliables. D'où les atavismes : d'une part les gauchos style Charlie Hebdo qui scudent l'Eglise dès que "la laïcité est remise en cause"; d'autre part les natios qui ne gueulent que quand des mosquées cathédrales sont construites aux frais du contribuable, mais jamais quand le Pézydent tient ses discours positivistes lamentablement relativistes sur la nécessité de Dieu pour fluidifier les relations sociales (comme le pognon de l'UIMM) - discours qui signifie clairement : "on va pacifier les racailles en leur collant des imams dans les pattes" - équation "perdante-perdante", c'est démontré...
Le dilemme est insoluble. Je n'ai pas réussi à trancher. Je suis assez paumé. C'est une aporie. Je sais pertinemment que l'assimilation ne peut plus fonctionner, à cause du nombre, à cause de la distance culturelle des nouveaux migrants, à cause de la prégnance des thématiques victimocrates. Mais en même temps je sais qu'un discours identitaire pur sucre ("eux chez eux, nous chez nous") ne passe pas. Pis, il fédère contre lui. La faiblesse relative du FN ces derniers temps a décadenassé la droite républicaine, elle commence à parler de l'immigration de manière décomplexée. Un discours identitaire soude les bonne âmes dans un bloc multiculturaliste, intégriste et maximaliste.
Que faire? comme dirait Lénine.
Explorer de nouvelles pistes.
Le nationalisme européen.
Le discours multi-identitaire ("fédératif").
Une critique purement ponctuelle de chaque nuisance du multiculturalisme : horaires non-mixtes des piscines municipales, hallal dans les cantines, etc.
Tout est bon à prendre. Comme je l'ai déjà écrit, la guerre contre le système est une guerilla. De petites victoires idéologiques, de petites actions de réinformation, des parcelles de critique radicale, des "tracts", etc. Le web est un maquis des plus adaptés. Chaque visite sur un site de réinformation est une victoire.
Mais surtout, c'est vraiment important, respecter la pluralité du mouvement. Ne pas crééer un nouveau Golem pour la Nouvelle Gôche-Drâte unifiée UMPS-Modem, une assurance second-tour-à-82% pour Sarkozy en 2012. Laissons les gens de tous partis réaliser la connerie du système, le mensonge historique que constituent le mondialisme et le multiculturalisme. Ce que nous perdons en cohérence, gagnons-le en scepticisme chez nos adversaires. Contagion. Métastase. Mais un Front unifié officiel des anti-décadence, c'est la certitude de voir toute la Ségozie en faire un nouveau Diable, pour justifier l'ostracisme des idées qui dérangent.
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