« Bataille de Poitiers, 25 octobre 732 : encore un anniversaire oublié… | Page d'accueil | Pour nos enfants! »

mardi, 30 octobre 2007

LE TABOU DU XXE et encore plus du XXI SIÈCLE

4e66acc47dd6db03caab4645a5b92534.jpg

L’« interdit » sur la mort se manifeste dès les années vingt aux États-Unis pour s’étendre ensuite au monde anglo-saxon européen puis dans presque tout l’Occident. Sans doute à la suite des « boucheries » de la Première Guerre mondiale, la mort devient un sujet tabou.

La bonne mort devient la mort subite, non préparée, l’infarctus plus que le cancer, l’accident plus que la maladie (à l’image des stars de cinéma et du rock, tel James Dean). L’idéal du chrétien méditant sur ses fins dernières est révolu. Le recul religieux est essentiel pour comprendre ce changement d’attitude, d’autant plus que le discours catholique est longtemps demeuré inchangé, ignorant les filles mères et les divorcés de la messe d’enterrement. Les églises n’ont plus le magistère d’une évolution qui leur échappe et la mort des sociétés villageoises sonne le glas de tout un réseau de rites. Dans l’anonymat urbain, la rupture des continuités familiales rend impossible la cohabitation intergénérationnelle, d’autant que la médicalisation remet en cause la mort familiale et que le décès en milieu hospitalier se généralise.

Dans une société déritualisée et hédoniste, si des initiatives palliatives se développent, l’exclusion de la perspective dérangeante de la mort est la plus simple. Et tout y contribue, de l’avènement de la cité moderne qui fait disparaître les cortèges à l’omniprésence de la mort marchande qui monopolise toutes les opérations : thanatopraxie, organisation de la réception, du convoi, etc. Maître d’œuvre du cérémonial, le commerçant donne la consigne du silence autour d’une mort aseptisée. L’explosion urbaine et la spéculation foncière inaugurent de nouvelles réflexions sur la place des morts ; crémation et columbariums se développent. La concession perpétuelle régresse : le rêve d’immortalité dans la pierre et dans la mémoire s’évapore, alors qu’on inaugure pour les « sans domicile fixe » (SDF) des caissons à décomposition rapide faisant leur œuvre en quelques dizaines de jours. Le xxe siècle cherche faire disparaître l’image du cadavre (image traumatisante de l’holocauste) pour construire des édifices de substitution permettant de clamer sa douleur.

a656aa6e27110a0336443d4d7821ee02.jpg

Les commentaires sont fermés.