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vendredi, 17 août 2007

SMS et Barbarie

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La pratique de plus en plus répandue du sabir « SMS », cette désarticulation des mots réduits à la transcription approximative de leur sonorité, participe plus sûrement à la disparition de la culture française que la prolifération des points de vente de Kebabs ou l’édification de mosquées, maux généralement dénoncés comme étant les stigmates les plus abominables de l’action délétère de la barbarie s’attaquant à notre belle identité.

Identité que nous aimons tant et si fort que nous n’hésitons pas à en martyriser quotidiennement l’un des principaux fondements, le langage, et son fidèle garde fou structurel, l’orthographe.

Car avant d’exiger de l’étranger un quelconque respect, il convient soi mêmed’en faire la démonstration. Pourquoi l’allogène aurait-il la moindre déférence pour une culture qui n’est pas la sienne et qu’ il voit chaque jour foulée aux pieds par ceux là même qui sont nés en son sein et parfois même par ceux qui s’en prétendent les ardents défenseurs ?

Pour le langage, comme pour la femme, les institutions ou toute autre chose, ne peut être respecté que ce qui est respectable.

La langue, avec ses règles et ses complexités, bien loin de n’être qu’une simple convention sociale que certains n’hésitent pas à proclamer désuète, est un indispensable et irremplaçable instrument de perception, de transcription et d’interprétation du monde. Il est ce qui permet à chaque peuple de donner forme et vie aux spécificités et subtilités de son être, aux originalités et aux particularismes de sa vision et de son rapport au réel.

Car quelque chose, un sentiment, une idée ou un bien matériel, qui n’a plus de mots spécifiques pour être qualifiée ou expliquée n’existe tout simplement plus.

Ainsi, tous ceux qui, par veulerie, suivisme, conformisme, facilité ou passivité, usent pour (tenter de) s’exprimer de ces grotesques rébus déstructurés encore moins cohérents que l’écriture phonétique du quasi-illettré commettent un gravissime crime contre l’esprit et se rendent activement complices de la gigantes que entreprise de déculturation et d’indifférenciation conduite par la post-modernité libérale.

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