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vendredi, 17 août 2007

Entretien avec Philippe Vardon, porte-parole des Jeunesses Identitaires

Il fait chaud, les oiseaux chantent et les tenues légères s’affichent… Mais les voitures continuent de brûler, les mosquées de pousser et les racailles allogènes envahissent nos plages. Hostiles au dogme du métissage ethnique, à la colonisation de peuplement et au terrorisme intellectuel de la nomenklatura anti-raciste et tiers-mondiste, les Identitaires bataillent pour sauvegarder l’identité européenne. Quoi qu’on pense d’eux, les Identitaires sont incontournables aujourd’hui, autant par leur agit-prop rafraichissante que par leur ascension rapide et leur écho médiatique. Je me devais donc de percer le mystère… C’est pourquoi chers lecteurs, La Résistance publie aujourd’hui un entretien je l’espère instructif avec Philippe Vardon, porte-parole des Jeunesses Identitaires et animateur de Nissa Rebela, antenne identitaire très active à Nice, et aussi auteur sur le Blog identitaire. Bonne lecture à tous, en espérant que chacun puisse enfin se faire un avis.Philippe Vardon, Bonjour. Pouvez-vous nous dire quel est votre parcours militant et ce qui est à l’origine de la création des Identitaires ?

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J’ai fait mes premiers pas dans l’engagement à l’âge de 14 ans. J’habitais dans une de ces cités où les « petits blancs » sont désormais une minorité, ce qui ne tarde jamais vraiment à signifier une cible… Pour situer pleinement le décor, j’ai grandi dans un immeuble où nous étions la seule famille européenne. Avec l’adolescence est venue l’affirmation de mon identité - tant sur le plan personnel que collectif - et assez naturellement je me suis dirigé vers ceux qui défendaient, ou tout au moins regroupaient, les jeunes blancs qui refusaient de se laisser marcher dessus. Pour être franc, à cette époque je cherchais surtout la force, le clan, le sentiment de ne plus être seul et de pouvoir faire pièce aux bandes immigrées. Petit à petit, la réaction s’est muée en véritable engagement, la bande est devenu groupe militant, la prise de conscience est devenu idéal de vie. Un cheminement fait d’expériences, de rencontres, de lectures m’a amené vers ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler le combat identitaire ; ce terme me semblant le plus à même de définir mes/nos motivations profondes.
Les Identitaires, à proprement parler, sont nés d’un été tumultueux en septembre 2002 et de la volonté de militants venant d’horizons très différents (nationalistes-révolutionnaires, régionalistes, maurrassiens, anciens communistes, écologistes radicaux) de dresser l’étendard de nos identités face à un monde qui se veut chaque jour plus uniformisé et sans saveurs.

La stratégie des Identitaires, localement enracinée et associative, menant des actions de terrain, est-elle le résultat d’un constat d’échec en ce qui concerne l’action électorale au niveau national ? Par ailleurs, vous avez présenté des candidats identitaires aux législatives dans toute la France, comment gérez-vous cette ambiguïté ?

Tout d’abord, cette stratégie, cette méthode, se veulent en cohérence absolue avec notre positionnement. Nous défendons une vision du monde incarnée, enracinée dans nos communautés naturelles et populaires. Localistes politiquement, il est tout à fait logique que nous donnions au combat politique local toute la place qui lui revient. Plus prosaïquement et pour aller dans votre sens, nous constatons en effet l’impossibilité de prendre le pouvoir « par le haut ». Il nous semble dangereux de maintenir l’illusion de la « prise de l’Elysée » et du tout présidentielles, alors que si les efforts portaient sur d’autres terrains les résultats pourraient être beaucoup plus probants. Nous avons donc en effet fait le choix de l’action de terrain (que ce soit à travers un travail de longue haleine là où notre implantation actuelle le permet ou à travers des « coups » ayant vocation à faire apparaître certains thèmes ou poser des questions brûlantes dans le champ médiatique), de l’engagement associatif (invitant nos militants à investir des associations ou à en créer dans des domaines très divers tels que la culture, la défense de la ruralité et de l’environnement, les comités de quartiers, le sport, etc.), et de l’enracinement local y compris par la voie électorale quand cela est nécessaire et/ou possible. À travers ces choix, une même volonté : celle d’aller à la rencontre de nos compatriotess le plus directement possible, de présenter nos idées telles qu’elles sont.

En revanche, nous n’avons pas représenté des candidats dans toute la France mais simplement sur Nice et à Paris. Sur Nice - avec quatre candidats identitaires sous l’étiquette Nissa Rebela - nous avons voulu faire un nouveau pas dans notre enracinement local et élargir notre auditoire. Sur Paris, avec la candidature d’Odile Bonnivard – animatrice de la soupe populaire de Solidarité Des Français – nous avons lancé une candidature symbolique ayant comme objectif de placer la précarisation des Français de souche au cœur du débat électoral. Je pense que dans ces deux cas nous nous situons pleinement dans les objectifs et méthodes énoncés ci-dessus.

Sous l’appelation « Nissa Rebela », les Identitaires semblent avoir fait de Nice leur laboratoire. Pensez-vous avoir réussi à toucher un nombre conséquent de jeunes et moins jeunes (commerçants et autre) non-issus du milieu nationaliste mais pouvant former une base populaire de soutien ?

Un laboratoire, un bastion, une vitrine – c’est en effet ce à quoi nous travaillons. Je pense que notre résultat démontre que (bien heureusement) nous avons su toucher largement en-dehors du premier cercle identitaire les Niçois. Alors que nous rassemblons entre 150 et 200 personnes au maximum lors de nos réunions ou manifestations, nous avons recueilli 4 000 voix. Si l’on prend aussi en compte le fait que nos rangs militants soient très largement composés de jeunes n’ayant pas encore l’âge de voter (les JI Nissa se sont dotés cette année d’une section purement lycéenne qui rassemble plus de 50 militants), nous voyons que le soutien populaire a été au rendez-vous. Le soutien que nous avons vu s’exprimer tout au cours de notre campagne-marathon (plus de six mois !) dépasse d’ailleurs je pense ce résultat. Nombre de personnes ayant certainement voté finalement pour le FN ou l’UMP nous ont vivement témoigné leur sympathie. Il n’en reste pas moins que nous sortons de ces élections législatives avec un tissu largement élargi en terme d’adhérents, de militants, de sympathisants et de nouveaux relais à travers les associations ou les commerçants par exemple. Nous travaillons actuellement à la constitution de nos comités de quartier.

La progression et la médiatisation de votre mouvement est aussi rapide que surprenante. Avez-vous l’impression de faire le travail que le Front National, le MNR et d’autres auraient dû faire depuis très longtemps ?

Il ne m’appartient pas d’expliquer à d’autres, qui ont fait leurs choix et ont aussi connu des réussites en certains domaines, ce qu’ils doivent/devraient/auraient du faire. Nous essayons de mettre en avant des méthodes, d’explorer certains terrains et si nos expérimentations ou nos éventuels résultats peuvent en inspirer d’autres, pourquoi pas !

Votre régionalisme rime t-il avec indépendantisme ? Que répondez-vous à ceux qui, comme Alain Soral, pointent « l’Europe des régions » comme le Cheval de Troie de Bruxelles ?

Tout d’abord, j’aimerais bien qu’Alain Soral se montre un peu plus préoccupé par un autre Cheval de Troie déjà en nos murs et représentant à mon sens un danger bien plus inquiétant pour la France et l’Europe : l’immigration afro-maghrébine et sa haine (de plus en plus librement exprimée) de notre peuple et de notre civilisation.

Les régionalistes ne sont pas des indépendantistes (ces derniers se considérant d’ailleurs en général comme des nationalistes avant tout). Les « régionalistes » (le mot n’est pas le plus « sexy » que l’on puisse trouver d’ailleurs) ne souhaitent pas la séparation entre leur province et l’Etat mais simplement la prise en compte, le respect, de leurs spécificités et la mise en place d’institutions permettant que soient gérées à l’échelon local les domaines qui peuvent (voire doivent !) l’être. Il s’agit simplement de l’application du principe de subsidiarité, et c’est à ce titre que nous refusons par exemple la tutelle administrative écrasante de Marseille, Paris ou Bruxelles sur le Pays Niçois. Nous sommes d’ailleurs en pleine cohérence une fois de plus contrairement aux souverainistes ou « nationaux-républicains » qui n’ont de cesse de dénoncer la pesanteur bruxelloise mais trouvent normal le centralisme excessif de l’Etat français. Ils devraient d’ailleurs se rappeler que cette bureaucratie oppressante qui sévit à Bruxelles n’est que la simple exportation du modèle français… Notre raisonnement politique, institutionnel, n’est que l’expression de notre sentiment profond. Nous refusons d’être amputés d’une partie de nous-mêmes et ainsi je me reconnais pleinement Niçois, Français et Européen.

Aujourd’hui, y a t-il une fracture irréparable entre « nationaux-républicains » (comme Alain Soral) brandissant la figure du franco-maghrébin patriarcal comme un allié évident et les Identitaires, refusant la part d’assimilationisme qu’induit cette position ?

Je ne pense pas qu’il puisse y avoir de « fracture irréparable » au sein d’hommes du même peuple, et d’autant plus quand ceux-ci partagent certaines préoccupations essentielles et fondamentales - et j’espère que la question de la survie de notre peuple en tant que tel dans les décennies à venir fait encore partie des préoccupations des « nationaux-républicains » qui semblent désormais avoir entre leurs mains les destinées du FN.

Nous avons exprimé à plusieurs reprises (et toujours sur le ton du débat, contrairement à ce que certains voudraient faire croire) notre condamnation des prises de position « immigrophiles » et de la campagne Valmy-Dieudonné-Argenteuil des présidentielles. J’ai rencontré peu de « franco-maghrébins » dans ma vie, et je pense avoir fréquenté beaucoup plus d’immigrés que la majorité des stratèges parisiens du FN. L’assimilation peut fonctionner lorsque les personnes à assimiler le veulent et surtout lorsqu’elles ne représentent qu’une petit minorité au sein d’un ensemble homogène. On voit bien que ces conditions sont loin d’être remplies aujourd’hui…

Enfin, on pourrait s’interroger sur le principe même d’assimilation. Après tout, si les populations immigrées sont réduites à une portion congrue pourquoi ne pourraient-elles pas conserver leurs traditions et cultures ? Cela me semble plus cohérent finalement. D’ailleurs, le positionnement d’un Alain Soral n’est pas forcément toujours facile à suivre : prônant l’assimilation des musulmans il trouve néanmoins que le voile n’est pas une si mauvaise chose, et met en avant l’apport de valeurs patriarcales héritées des musulmans pour redonner de la vigueur à la société française.

Le vrai problème de fond reste de savoir quelle est la définition des nationaux-républicains de la France et des Français.

Nous savons combien il est important de regarder vers l’avenir sans oublier d’où l’on vient ni laisser de côté nos pères spirituels. D’où ma question : quelles sont les grandes figures historiques (que ce soit des artistes, des hommes politiques et chefs d’Etat, etc.) dans lesquelles se reconnaissent les militants Identitaires ?

Difficile d’établir un panthéon commun à un ensemble d’hommes et de femmes venant d’horizons aussi divers (sociaux, spirituels, géographiques, politiques). Néanmoins, lors du petit questionnaire que nous faisons remplir chaque année lors du camp d’été des Jeunesses Identitaires les figures des révolutionnaires irlandais Patrick Pearse et Michael Collins reviennent très souvent. À travers Pearse en particulier, on retrouve le véritable modèle d’un éveilleur de peuple. Il fut à la fois poète, éducateur, guerrier et martyr.

Pour ma part, je pourrais citer (en plus de Pearse) Catherine Ségurane qui est un peu la jeanne d’Arc nissarde et sauva notre cité du siège franco-turc en 1543 ; les Barbets, guérilléros anti-révolutionnaires du haut-pays niçois ; Frédéric Mistral et Charles Maurras, les deux félibres ; Proudhon et son fédéralisme ; Peron et plus près de nous le sous-commandant Marcos en Amérique du Sud. À vrai dire les références ne manquent pas…

Les Jeunesses Identitaires ont-elles vocation à brandir l’étendard d’une jeunesse alternative, avec sa contre-culture et ses valeurs ?

C’est en effet pour nous important de donner la possibilité à la jeunesse de puiser dans une culture alternative à contre-courant des valeurs dominantes actuelles. Difficile de se réenraciner quand on subit la sous-culture TF1-M6-Canal +… Il est important de véhiculer un autre message, et cela à travers des moyens de communication modernes. C’est notamment le travail que fournit le label musical Alternative-s (www.alternative-s.com) qui diffuse et produit des artistes très différents qui ont néanmoins tous en commun une conscience rebelle, que celle-ci s’exprime à travers leurs textes ou leurs choix musicaux.

Les valeurs que nous entendons cultiver, diffuser, transmettre ne sont cependant pas des « nouvelles valeurs », mais plutôt des valeurs éternelles (comme le dit si bien Dominique Venner « la tradition ce n’est pas le passé, c’est ce qui ne passe pas »).

Sous l’ère Sarkozy, quels seront les principaux chevaux de bataille des Identitaires ?

Il nous semble primordial d’être très vigilants sur des questions plusieurs fois évoquées par Sarkozy mais habilement passées sous silence au cours de la campagne (et que personne ou presque, y compris chez les nationaux, n’a jugé bon de dénoncer !) : la « discrimination positive », véritable racisme anti-blanc institutionnalisé ; le financement public des mosquées ; ou encore le droit de vote des immigrés aux élections locales. Il me semble très important aussi de rester en éveil sur la question de l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne. C’est un terrain sur lequel nous avons toujours été en première ligne et nous ne manquerons pas de rappeler le Président à ces engagements s’il le faut.

Un peu de politique-fiction pour finir. Imaginons un instant que les Identitaires aient pu envoyer assez de candidats à l’Assemblée pour constituer un groupe parlementaire. Quelle aurait été la première proposition de loi déposée par le groupe Identitaire ?

L’abrogation du regroupement familial !

source:http://www.peres-fondateurs.com/~resistance/

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